COMPROMISSION DES EX-ECCLESIA DEI.
J’ai découvert la messe traditionnelle tardivement. C’est ainsi que je suis revenu dans la maison de Notre Père, grâce à la Providence qui a guidé mes recherches sur internet.
Comme beaucoup, instruit par l’Église post-Vatican II et sa messe Paul VI, je ne connaissais pas les tendances de l’Église depuis deux siècles, ni son évolution depuis les années 1960. Mes connaissances doctrinales étaient également très défaillantes. Je m’en étais écarté depuis de très nombreuses années. Je suis allé dans l’apostolat le plus proche de mon domicile, celui d’une congrégation ex-Ecclesia Déi.
La beauté de la liturgie et des chants, la transcendance, le silence et l’intériorité, la piété, tout contribue à élever notre âme. Cependant, il m’a fallu revenir plusieurs fois pour en prendre toute la mesure.
Je me suis rapidement impliqué dans l’apostolat et notamment dans l’association des fidèles. C’est là que j’ai vécu ma première désillusion. Le prêtre vivait dans la peur et se trouvait dans un état de soumission avant même d’avoir à l’être. Je me suis également informé de l’histoire contemporaine de l’Église. J’ai alors pris la mesure des luttes qui la tiraillaient. Elles m’ont été très familières car elles sont exactement les mêmes que dans le monde. Les idées de la Révolution, les droits de l’homme, la laïcité, le « vivre ensemble » (œcuménisme), dominent l’Église contemporaine.
« RÉVOLUTION ? » s’insurgeront certains ! Oui, c’est le terme employé par les pires progressistes du concile Vatican II eux-mêmes : le Père Congar : « L’Église a fait, pacifiquement, sa révolution d’octobre ». Le Cardinal Suenens : « Vatican II, c’est 89 dans l’Église ! »
J’ai compris que les communautés ex-Ecclesia Déi s’étaient compromises. Or, lorsque l’on est dans la compromission, on finit par tout compromettre !
J’ai alors rejoint l’apostolat de la FSSPX. Je me suis senti immédiatement dans un univers franc, avec des abbés qui osent défendre l’Église, dont les sermons sont non seulement édifiants ; ils l’étaient également dans l’apostolat ex ecclesia déi ; mais jamais consensuels et lissés. La doctrine y est non seulement enseignée, mais elle est aussi défendue, sans filtre, mais toujours avec humilité et douceur.
Lorsque l’on est conscient des notions validées par le concile alors qu’elles avaient été gravement condamnées par les papes depuis le XIXème siècle, comment un prêtre traditionaliste peut-il, en conscience, les valider ? Lorsque l’on connaît la genèse de la messe Paul VI qui a été conçue pour plaire aux protestants, comment un tel prêtre peut-il l’accréditer ?
OBÉISSANCE !!! vous répondront-ils ! C’est le refrain classique au sein de l’Église « conciliaire », chez les communautés ex Ecclesia Déi et chez les cardinaux conservateurs. Obéiraient-ils aux hommes plutôt qu’à la Très Sainte Trinité ? Interpréteraient-ils les principes comme cela les arrange, alors que les plus grands théologiens de l’histoire ont toujours exclu l’obéissance servile ? Ne doit-on obéissance à une autorité que lorsque celle-ci respecte la mission pour laquelle elle l’a obtenue ???
UNITÉ !!! Jamais ils ne vous diront qu’il ne peut y avoir d’unité en dehors de la Vérité ! Quel irénisme ! Pauvre Pie XII ! Ils ont TOUS un discours « politique », TOUS se cachent derrière des notions légalistes en faisant fi de la réalité. TOUS ne dénoncent pas les graves erreurs, hérésies et apostasies de l’Église conciliaire, poussées à leur paroxysme depuis François. Seraient-ils les pharisiens des temps modernes ???
PRUDENCE !!! Comment pourraient-ils se prévaloir de la vertu de prudence puisqu’ils ne défendent pas la Foi catholique, laissent ainsi leurs fidèles dans les erreurs conciliaires, n’assurent pas le salut des âmes qu’ils doivent parfois abandonner et ne peuvent assurer la transmission de la Tradition ?
Les communautés ex-Ecclesia Dei ne dénoncent JAMAIS ces graves atteintes, lissant également leurs sermons. Que font-ils du devoir fondamental de tout catholique d’être un soldat du Christ ?
Que font-ils de notre devoir de soulever les erreurs doctrinales de la hiérarchie de l’Église, en public si nécessaire, allant jusqu’à l’opposition et la désobéissance ?
Est-ce ainsi qu’ils mettent en garde leurs fidèles contre ces erreurs ???
Où est leur esprit de sacrifice ?
D’aucuns vous diront que c’est pour obtenir l’autorisation de célébrer la messe traditionnelle. Mais qu’est-elle sans la doctrine qui l’accompagne et sans la défense de la Foi ?
Quel est le prix de cette autorisation ? La COMPROMISSION. Cette autorisation est d’ailleurs très aléatoire. Que dit la FSSP aux centaines de fidèles qu’elle a dû abandonner à Dijon, Grenoble, Quimper et Valence ?
Cette compromission serait-elle plus importante que le salut de leurs âmes ???
Comment la FSSP, la FSVF et l’abbaye du Barroux (oublierait-elle, elle aussi, qu’elle doit tout à la FSSPX et à ses fidèles ?) peuvent-elles nier l’état de nécessité ?
Comment peuvent-elles combattre la FSSPX plutôt que la Rome conciliaire néo-moderniste ? Celle-ci n’est-elle pas, à l’image du modernisme, « l’égout collecteur » de toutes les hérésies ? (expression de Saint Pie-X) ne l’expérimentons-nous pas constamment ?
La FSSP oublierait-elle qu’elle est la fille de Monseigneur Lefebvre et de la FSSPX ?
Tous les prêtres qui l’ont créée ont fait leur séminaire à Écône et ont été ordonnés par Monseigneur Lefebvre. Leurs statuts sont ceux que Monseigneur Lefèbvre a négociés puis refusés.
Ne comprennent-ils pas pourquoi aujourd’hui ???
Ils ont obtenu l’accord pour leur création en moins d’un mois, le pape était évidemment satisfait de pouvoir placer sous son autorité directe des dissidents de la FSSPX.
Tous les communautés ex-Ecclesia Déi ont bénéficié, directement ou indirectement, de la lutte menée par la FSSPX et Monseigneur Lefebvre.
Que serait devenue la Tradition entre 1970 et 1988 sans la FSSPX ? Que serait-elle aujourd’hui ?
La FSSP n’aurait-elle aucun devoir de reconnaissance, par simple sa décence et par prudence ?
Croyez-vous que Rome n’aurait pas été encore plus rigide vis-à-vis de la Tradition sans l’opposition et le « contre-pouvoir » que représente la FSSPX ?
Enfin, il est essentiel d’évoquer les sacrements et la transmission. Seule, la FSSPX peut tous les proposer. Je n’étais pas confirmé lors de mon retour. Le prêtre ne pouvait pas me faire confirmer selon le rite traditionnel. Il m’a proposé de recevoir la confirmation de notre évêque selon le rite Paul VI, ou d’attendre et d’aller dans un autre diocèse plus favorable ou, et c’est là le comble, de me faire confirmer par la FSSPX en passant par l’un de ses contacts. Là, nous sommes au cœur du problème de la compromission des communautés ex-Ecclesia Déi. Elles sont soumises lorsqu’il s’agit de s’opposer à la FSSPX, mais savent aussi l’utiliser lorsque c‘est dans leur intérêt…. La compromission est opportuniste. Enfin, en matière de transmission, seule la FSSPX peut ordonner des prêtres.
Catholiques, traditionalistes en particulier, prenez conscience des réalités.
Les communautés ex-Ecclesia Déi sont dans l’ambivalence et accréditent constamment tout et son contraire. « Faites ce que je vous dis, mais surtout pas ce que je valide ». Je ne peux pas fonctionner de manière schizophrénique. Je ne peux pas être fidèle d’une congrégation incapable de demeurer dans la clarté.
En ces temps gravissimes pour l’Église, SEULE la FSSPX combat pour la Foi catholique pour la plus grande gloire de Dieu, pour le salut des âmes et afin que la transmission ne soit jamais interrompue.
Prions pour l’Église et pour le pape !
Prions pour que les communautés ex-Ecclesia Dei retrouvent le chemin de la vérité sans compromission.
Chers sœurs et frères dans le Christ, je vous laisse à vos réflexions……………..
Omnia instaurare in Christo per Mariam.